Les rendez-vous du GRIMP : la vérification EPI avec Altitude Formation

Les rendez-vous du GRIMP : la vérification EPI avec Altitude Formation

Retours d'expérience
Publié le 12 juillet 2017

 

Echange avec Christophe GUIGO, Dirigeant de Altitude Formation

Juillet 2017

EXERCICE D'EVACUATION SUR UNE EOLIENNE. Consulter le retour d'expérience de Renaud LATIL, Responsable Commercial et Qualité chez Altitude Formation

Dumont Sécurité : Pourriez-vous nous expliquer en quoi consiste votre activité ?
Christophe Guigo : Notre cœur de métier est la formation liée aux travaux en hauteur. On intervient pour les formations sur les 4 moyens qui permettent de sécuriser une intervention : le harnais de sécurité, l’utilisation de l’échafaudage, l’utilisation de nacelle élévatrice et tout ce qui concerne le travail sur corde. Notre objectif est de donner à l’opérateur les compétences techniques et juridiques pour intervenir dans de bonnes conditions.

 

Dumont Sécurité : Parlez-nous de votre équipe ? (nombre de personnes ? compétence ? expertise ?...)
Christophe Guigo : On a 15 formateurs en CDI, qui sont recrutés soit dans le milieu du secours, soit dans le milieu lié aux cordistes, soit des préventeurs. Une fois formés en interne spécifiquement sur les travaux en hauteur, ils vont prêcher la bonne parole auprès des entreprises de manière à limiter les chutes de hauteur.
Aujourd’hui, Altitude Formation c’est 6 centres de formation en France et 12 000 stagiaires par an dont 1 000 stagiaires à  l’international, principalement en Afrique.

 

Dumont Sécurité : Pourriez-vous nous donner quelques exemples de thématiques de formation ?
Christophe Guigo : On propose un module sur le port du harnais, tout ce qui est travaux sur pylône télécom, pylône à haute tension, éolienne. On intervient aussi beaucoup pour les formations travail sur toiture, terrasse et toiture pente. On retrouve aussi la thématique échafaudage avec le montage et le démontage. On forme aussi à l’utilisation de nacelle élévatrice notamment pour les entreprises qui interviennent dans le milieu électrique.

 

Dumont Sécurité : Et où ces formations ont-elles lieu ?
Christophe Guigo : Soit elles se situent dans l’un de nos 6 centres de formation où on a construit des toitures, on a installé des pylônes, et des systèmes de sécurité pour retrouver les conditions de travail réelles des opérateurs ; soit on fait les formations chez le client directement. 

 

Dumont Sécurité : Concernant les conseils juridiques que vous apportez, pourriez-vous justement résumer les textes de loi en vigueur ?
Christophe Guigo : Pour la réglementation liée au travail en hauteur en général, on est sur le décret du 1er septembre 2004 et sur le code du travail, notamment l’article R233- 44 qui demande une formation adéquate au port des EPI. La notion d’adéquation est fondamentale c’est-à-dire qu’en formation on doit donner les compétences spécifiques à l’intervention du technicien. C’est pour ça qu’on a des modules avec des thématiques précises (pylônes télécom, pylônes haute tension, toiture pente sur terrasse…) Il faut qu’il y ait une adéquation entre ce que l’on enseigne et les conditions réelles de travail.
Les contrôles des EPI sont soumis à l’arrêté du 19 mars 1993 qui demande aux chefs d’établissement de faire contrôler ses EPI (on parle d’EPI contre les chutes de hauteur) par une personne compétente. Cette compétence, elle peut l’acquérir par exemple en suivant une formation chez un organisme qualifié et spécialisé justement.

 

"La notion d'adéquation est fondamentale. Il faut qu'il y ait une adéquation entre ce que l'on enseigne en formation et les conditions réelles du travail."

 

Dumont Sécurité : Comment résumeriez-vous les obligations concernant le travail en hauteur ?
Christophe Guigo : Les 4 principes fondamentaux sont :
-          La formation est obligatoire dès lors qu’on fournit un EPI de classe III et un harnais de sécurité à un collaborateur.
-          Etre toujours au moins 2 personnes sur le chantier, c’est une obligation légale pour pouvoir prévenir les secours si l’un des deux avait un petit souci ;
-          Fournir un équipement conforme aux normes industrielles, et non aux normes sportives;
-          Faire contrôler les EPI au minimum une fois par an par une personne compétente. 

 

Dumont Sécurité :  Au-delà des contraintes règlementaires, voyez-vous des tendances se dessiner pour les années à venir concernant la vérification des EPI ? 
Christophe Guigo : Aujourd’hui la vérification est bien intégrée dans les processus de prévention des entreprises. Dans les années à venir, on sera plus sur du comportemental par rapport aux opérateurs et sur l’analyse des risques en amont, c’est-à-dire bien choisir l’équipement en fonction du risque et de l’intervention. Cela veut dire qu’il y ait un conseil en amont, à notre niveau, pour bien conseiller sur l’équipement adéquat. Pour une personne qui travaille sur un pylône de communication, sur une éolienne ou sur une toiture, on va adapter le matériel en fonction de l’intervention. On est toujours dans cette notion d’adéquation.

 

Dumont Sécurité :  Parce que cette analyse de risque n’est pas suffisamment faite à l’heure actuelle, vous pensez ?
Christophe Guigo : On a encore des carences auprès des entreprises parce que même si la chute de hauteur c’est la 1ère cause en termes de gravité, c’est-à-dire que c’est un risque majeur, on a encore des difficultés pour appréhender au mieux la situation et bien évaluer le risque de chute de hauteur. Il y a encore un travail en amont sur l’analyse des risques, les modes opératoires, et pour donner à l’opérateur toutes les consignes de manière à intervenir de façon optimale sur le site.

 

Dumont Sécurité :  Et qu’en est-il pour les GRIMP spécifiquement ?
Christophe Guigo : Les GRIMP sont soumis également aux obligations de contrôle des EPI. Comme ils sont dans une notion de secours, ils ne sont pas soumis au code du travail comme peut l’être un salarié d’une entreprise. Mais ils sont tenus de maîtriser les techniques, comme ils le font déjà aujourd’hui de manière à pouvoir par exemple secourir un opérateur en difficulté sur une grue, sur une éolienne ou sur un pylône.

 

Dumont Sécurité :  Et voyez-vous une évolution au niveau de ces stagiaires là ou pas ? 
Christophe Guigo : Non, parce que le GRIMP a une cellule interne avec laquelle il travaille et où ils ont leur propre mode opératoire d’évacuation. On a quelques demandes de formation au niveau des SDIS notamment par rapport à l’entretien du réseau télécom. Ce sont les opérateurs du SDIS qui vont entretenir les antennes pour leur propre réseau de télécommunication. On leur apprend à poser une antenne, à entretenir le réseau mais c’est spécifique à leur service comme pourrait avoir un service GSM ou télécom dans l’Armée ou dans la gendarmerie.
Ensuite, on a quelques demandes ponctuelles de service du GRIMP pour justement mieux connaitre les contraintes des salariés pour qu’ils puissent coller plus à la réalité du monde du travail. Par exemple, on peut avoir en formation les équipes du GRIMP qui peuvent intervenir pour secourir des opérateurs en téléphonie qui travaillent sur un pylône.

 

"En général, c'est la formation au contrôle des EPI qui va principalement intéresser les GRIMP ."

Dumont Sécurité : Et est-ce que vous avez des formations plus spécifiques pour le GRIMP ?  
Christophe Guigo : C’est principalement des formations au contrôle des EPI qui vont les intéresser : la vérification, l’entretien, le contrôle pour tous ces équipements de chute de hauteur. Comme le GRIMP c’est vraiment un service de secours, on ne peut pas trop intervenir sur leur mode opératoire d’intervention, ils ont une expertise déjà. Par contre on peut leur apporter la compétence sur le contrôle, le suivi pour tous les équipements de sécurité.

 

Dumont Sécurité : Par rapport aux équipes GRIMP qui veulent être indépendantes dans cette étape de contrôle des EPI, que proposez-vous ?
Christophe Guigo : On propose des formations au contrôle des EPI : soit une formation pour être contrôleur, soit une formation de formateur qui pourrait après dispenser la bonne parole en interne au niveau du service des GRIMP. Ce sont des formations de 1 à 3 jours. Généralement, on organise la formation dans l’un de nos 6 centres de formations parce qu’on a quand même tout le matériel et les infrastructures pour leur montrer comment on contrôle, on vérifie le matériel, qui se fait de manière principalement visuelle et tactile. Donc on ne sollicite pas leur matériel pour ne pas le fragiliser.

 

"La formation pour Formateur de contrôleur permet au GRIMP d'être autonome et maîtriser le process global."

Dumont Sécurité : La distinction que vous faîtes entre les deux : quand vous dîtes formation de contrôleur, vous formez une personne qui va ensuite contrôler les EPI et formation de formateur, vous formez une personne qui elle-même va former en interne des contrôleurs ? 
Christophe Guigo : Tout à fait. Parce que pour des questions de praticité, pour des questions de disponibilité, pour des questions financières aussi, on peut avoir une demande où on forme un formateur de contrôleur des EPI qui va après lui être dans les agences ou partir dans le département ou la région pour après reformer des contrôleurs.

 

Dumont Sécurité : Quelle formule est plus demandée par les pompiers ?  
Christophe Guigo : Dans les entreprises, on est plus sur une formation au contrôle. Les pompiers préfèrent avoir des formateurs internes parce qu’ils veulent plus maîtriser le process global et être moins tributaires d’une compétence extérieure.

 

Crédit Photo : Altitude Formation

 

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